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Les Allumettes : son histoire

L’exploitation des mines d’ardoises a fait la renommée de la ville de Trélazé durant des siècles. C’est au XVème siècle que l’exploitation du schiste ardoisier devient l’activité économique majeure de la ville. Son essor devient fulgurant au cours de la révolution industrielle et va perdurer jusqu’au milieu des années 1970.

 

Lors de la révolution industrielle, au XIXème siècle, Trélazé renforce sa vocation industrielle en créant en 1863 une fabrique d’allumettes. L’ouverture de cette usine permet aux femmes des mineurs-carriers de trouver du travail à Trélazé. Nationalisée en 1889, la manufacture regroupe petit à petit la majorité de la production française. En 1967, la manufacture fabrique 26 milliards d’allumettes chaque année et devient ainsi le premier producteur d’allumettes en France. C’est en 1981 que la manufacture ferme ses portes : la SEITA ayant décidé de recentrer sa production d’allumettes sur un autre site. C’est la fin douloureuse d’une aventure industrielle de plus d’un siècle.
 
 

Un lieu, une histoire…

 Le site des Allumettes tel que nous le connaissons aujourd’hui, a été ouvert en 1928 : la manufacture déménage car son premier site de production était devenu obsolète pour faire face à l’augmentation de la production et pour accueillir les nouvelles techniques de fabrication. Le développement de son activité, la bonne gestion de son approvisionnement en matières premières et les moyens de production ultra modernes permettent aux Allumettes de réaliser des stocks importants (3 milliards d’allumettes en 1940).
 
Au cours de la seconde guerre mondiale, la production ne s’interrompt pas, l’armée allemande n’ayant pas réquisitionné l’usine. Entre 1947 et 1948 deux nouveaux bâtiments sont construits.
 
La production ne cesse de s’accroître jusqu’à la fin des années 1960. La manufacture va ensuite subir la concurrence du briquet jetable et ne pouvant faire face, fermera définitivement ses portes en 1981.

Un lieu, une architecture…

La construction du nouveau site de production des Allumettes entre 1920 et 1928 est l’aboutissement d’études architecturales et techniques particulièrement innovantes pour ce début de 20ème siècle.
 
Dans les années 20, l’emploi du béton armé est très marginal. On lui préfère encore les techniques de constructions traditionnelles pour les murs tout en utilisant de plus en plus souvent le métal pour les ossatures des couvertures et des planchers.
 
Le béton armé est une technique récente qui convient parfaitement au site de la manufacture. Il répond également aux exigences du service central qui souhaite une construction durable bénéficiant d’une grande résistance au feu et ne nécessitant que peu d’entretien.
 
En 1920, construire des bâtiments en béton armé coûte cher. Pour éviter un coût trop élevé, les ingénieurs ont l’idée de répéter les mêmes structures sur l’ensemble du site : les étais et les coffrages sont ainsi réutilisés de nombreuses fois et les coûts sont donc diminués.
 
L’autre atout du béton armé pour la construction de la manufacture : sa technique est adaptée à la nécessité des Allumettes de dégager des volumes importants, tout en ayant un impact au sol aussi réduit que possible.
Fictis Copyright Le Toit Angevin - 2008